L'empreinte digitale est le motif récurrent, obsédant, de l'oeuvre d'Aldo Caredda. Oeuvre après oeuvre, dans un premier temps sur des toiles blanches de grand format, désormais sur des supports trés divers, l'artiste laisse cette empreinte de son corps. Ce seul et unique geste -la mémoire d'un micro-évènement tactile- identique par définition, révèle pourtant une forme toujours différente: celui qui, prétendant aller du même au même dans un geste répétitif, passe en fait d'un même à un autre, et traduit (et traduisant trahit) ce qu'il prétend reproduire : Toute répétition est moteur de l'avènement d'une différence.

Stephen Wright

in "l'incurable mémoire des corps"
éd.Alliage's – Paris – 2000

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... hors cadre, par Karim Ghaddab ....................... 2007

(catalogue éditions DesRiaux, regards croisées sur la peinture contemporaine en France 2007)

 

Les traces laissées par Aldo Caredda sont d'un autre ordre. Il s'agit de ses empreintes digitales, qu'il dispose selon des compositions variables sur les murs du lieu d'exposition. Bien sûr, les empreintes digitales nous disent l'identité mais elles sont "bouchées" par le trop plein de matière et oblitérées par de petites rognures de peinture séchée qui - peau sur peau - perturbent les lignes naturelles. Ce sont donc à la fois des empreintes réelles, d'un point de vue technique, et des empreintes digitales invalidées, inexploitables en tant qu'élément d'identification. Outre les espaces d'exposition, le dispositif contamine les lieux bien plus diversifiés, puisque l'artiste envoie ces empreintes à des correspondants, aux quatre coins de la planète. "J'aime l'idée de laisser mes empreintes digitales dans des endroits où je ne suis jamais allé", souligne Caredda, relevant le paradoxe d'une empreinte distanciée.

Karim GHADDAB

 

OUTSIDE THE FRAME
The traces left by Aldo Caredda are of a different kind. Caredda has used his fingerprints in variable compositions on the walls of the exhibition. Obviously, fingerprints tell us his identity but in this case they are "clogged" by the excess material and obliterated by the small scraps of dried paint which - skin on skin - break up the natural lines. These are therefore both real fingerprints, from a technical standpoint, and invalid prints, unusable as a means of identification. Apart from the exhibition spaces, the work contaminates much more diverse places, as the artist sent these prints to contacts, in all four corners of the globe. "I like the idea of leaving my fingerprints in places where I have never been" says Caredda, accepting the paradox of a distanced fingerprint.

Karim GHADDAB

OUTSIDE THE FRAME (in an exchange of views on contemporary painting in France ed DesRiaux, 2007)